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mardi 23 janvier 2007, 16h36
CONAKRY (AFP) - La grève générale se poursuit et des manifestations contre le président Lansana Conté ont été organisées mardi en Guinée, où la répression par les forces de l'ordre a fait au moins 40 morts depuis le début du mouvement, le 10 janvier. Alors que la violence de la répression suscite inquiétude et réprobation de la communauté internationale, des manifestations continuaient mardi dans deux villes de l'intérieur du pays, réclamant le départ de M. Conté, au pouvoir depuis 23 ans dans ce pays d'Afrique de l'ouest de près de 10 millions d'habitants, premier exportateur mondial de bauxite.
La répression a fait 30 morts, dont 4 enfants, et plus de 150 blessés au cours de la seule journée de lundi, par les forces de l'ordre en Guinée. On a compté 25 morts dans la banlieue de Conakry au cours de cette journée, la plus meurtrière depuis le début de la grève générale illimitée. Mardi, l'armée et la garde présidentielle ont établi un cordon de sécurité autour du centre de la capitale, où se trouve le Palais présidentiel et le camp militaire Samory, au sein duquel réside actuellement le chef de l'Etat, 72 ans, affaibli par la maladie.
La grève générale a été lancée par des syndicats, soutenus par l'opposition, contre la corruption et l'ingérence du président dans les affaires judiciaires. A Dabola (centre), les manifestants scandaient mardi des slogans hostiles au pouvoir: "A bas Conté", "On veut changer le régime", selon des témoignages d'habitants joint par téléphone.
Une autre manifestation s'est formée à Kundara (nord-ouest), près de la frontière avec la Guinée-Bissau. A Conakry, l'armée et la garde présidentielle ont bloqué l'entrée du pont du 8 novembre, principale voie d'accès au centre, au bout de la péninsule du Kaloum, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des soldats et blindés légers se sont également déployés devant de nombreux bâtiments administratifs, dans une ambiance de ville quasiment morte, circulation très réduite et magasins fermés. La rares voitures entrant dans ce périmètre sous haute sécurité sont systématiquement fouillées. Lundi, les manifestants avaient quitté par milliers, leurs banlieues, pour tenter de rejoindre le centre de Conakry mais avaient été bloqués par l'armée avant le pont du 8 novembre. Les responsables syndicaux à l'origine du mouvement ont été brièvement arrêtés lundi soir par la garde présidentielle avant d'être libérés sur ordre du chef de l'Etat. "Aucune négociation ne sera reprise" car "nous avons subi des exactions de la part des policiers et des bérets rouges (garde présidentielle)", a expliqué mardi à l'AFP Amadou Diallo, 1er secrétaire adjoint de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG). "Il n'y a aucune issue, aucun espoir quand le fils du chef de l'Etat vient nous arrêter et nous bastonner", a-t-il poursuivi. Lundi, à sa sortie d'une brève interpellation, Mme Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la CNTG, avait affirmé que les manifestants avaient été frappés par les hommes de la garde présidentielle menés par le fils du président, le capitaine Ousmane Conté. Mardi, comme l'avaient fait, la veille le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon et la Commission européenne, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a "la répression des manifestations" et réclamé "une enquête indépendante". La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho), organisation non gouvernementale basée à Dakar, a appelé mardi la communauté internationale "à intervenir d'urgence pour arrêter le massacre".
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